Comment évacuer la pornographie du couple?
“Comment sortir de l’instrumentalisation de l’autre ? Je ne pense pas que beaucoup d’hommes soient réellement conscients de la douleur et l’humiliation causées, surtout quand on est face à la personne aimée le plus au monde! La relation conjugale est pourtant sensée être celle de l’affection, de l’écoute et du respect. La pornographie a déformé la vision de l’intimité, elle sème la zizanie entre nous. Plus assez de piquant, on a déjà tout eu. Comment sortir le couple de l’image que la pornographie laisse dans nos esprits?”
Blogue de Thérèse Argot, sexologue.
Entre nous : Pourquoi nous marions-nous?
À l’approche de mon mariage, une question s’est imposée à moi, ce matin, dans la prière. Pourquoi est-ce que je me marie?
Est-ce pour enfin m’unir à la femme que j’aime? Pour jouir de notre vie commune, de tous nos moments ensemble et d’une nouvelle et complète intimité?
Je réalise qu’il y a un danger de voir uniquement dans le mariage la joie (tout à fait légitime) d’être ensemble, de tout partager et d’être enfin unis.
En réponse au pécheur qui est en moi, il a fallu que je me redise : « je ne marie pas Myriam pour jouir d’elle, mais pour me donner à elle ».
Mais qu’est-ce que ça veut dire que je me donne à elle ? Que je ne la prends pas pour moi ? Une parole s’est imposée soudain à moi : « tu maries Myriam par devoir de la conduire à la sainteté ». Je voyais tout de suite poindre l’orgueil derrière cette belle pensée. Mais celle-ci n’était pas moins vraie. En y réfléchissant un peu (et avec l’aide du Catéchisme), les choses se sont placées comme suit :
Nous nous marions pour nous conduire mutuellement à Dieu, pour nous aider mutuellement à devenir des saints.
Nous nous marions pour donner à Dieu de nouvelles vies, de nouvelles personnes qui vivront éternellement.
ET… nous nous marions pour la joie, le bonheur d’être unis dans la nudité complète de notre être, aujourd’hui et pour toujours.
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(Cette nouvelle rubrique, « Entre nous », sera le lieu de témoignages et de commentaires plus personnels, une autre façon moins cérébrale d’aborder la théologie du corps.)
La théologie du corps au jour le jour, n° 48
(12 novembre 1980)
• « Il faut retrouver continuellement dans ce qui est “érotique” la signification sponsale du corps et la dignité authentique du don. » Sans cela, la passion peut se limiter à une simple concupiscence et l’homme et la femme ne goûtent pas la plénitude de l’éros.
• On croit souvent que l’éthique vient dépouiller la sexualité de sa spontanéité. Or, c’est bien le contraire, le fait d’élever la sexualité à la dignité de la personne et du don permet de goûter encore plus en plénitude la valeur de l’éros.
• L’homme et la femme sont appelés à vivre une « spontanéité pleine et mûre » dans leurs rapports amoureux, spontanéité qui naît des désirs et du cœur.
• L’homme doit acquérir une profonde conscience de ses actes et de son cœur, afin de « tirer de ses impulsions ce qui convient à la “pureté du cœur” » en faisant de ses désirs une expression personnelle, une expression du don de soi.
• L’homme et la femme doivent apprendre à discerner tout ce qui fait la richesse de leur masculinité et féminité, dans leur attirance et leur appel réciproques, de ce qui est de l’ordre de la concupiscence et de l’égoïsme.
• L’homme, en devenant maître de ses passions et de ses désirs découvre la beauté spirituelle liée au corps, à la masculinité et à la féminité. Celui qui laisse les désirs le dominer ne connaît pas ce plaisir et cette spontanéité liés au don.
Image : Marc Chagall, Les amoureux
La théologie du corps au jour le jour, n° 47
(5 novembre 1980)
• Dans le langage commun, « éros » est synonyme de concupiscence. Or, chez Platon, l’« éros » représente la force d’attraction qui entraîne l’homme vers le bien, le vrai et le beau.
• L’homme est appelé au vrai, au bien et au beau et à vaincre en lui la triple concupiscence (la convoitise des yeux, la convoitise de la chair et l’orgueil de la vie).
• Dans le domaine sexuel, l’homme est appelé à transformer ce qui a été alourdi en lui par la concupiscence due au péché.
• L’éros et l’éthique sont appelés à se rencontrer dans le cœur de l’homme : l’homme est appelé à faire de toutes les forces érotiques qui sont en lui des forces éthiques, des forces de l’amour.
• L’éthique n’a pas qu’une valeur négative, de défense et d’interdit. La défense contenue dans les paroles du Christ (Mt 5, 27-28) est ce qui permet d’assurer et de libérer les valeurs profondes liées à l’éros.
La théologie du corps au jour le jour, n° 46
(29 octobre 1980)
• Nietzsche, Marx et Freud, les trois « maîtres du soupçon », jugent également le cœur de l’homme. Ce jugement correspond à la triple concupiscence dont saint Jean accuse également le cœur de l’homme : Nietzsche à « l’orgueil de la vie », Marx, à « la convoitise des yeux » et Freud à « la concupiscence de la chair ».
• Ceux-ci cependant s’arrêtent à mettre le cœur de l’homme en continuel état de soupçon, tandis que la Bible et les paroles du Christ ne nous permettent pas de s’arrêter à cette triple concupiscence pour fonder l’éthique et comprendre l’homme.
• L’homme doit être conscient qu’en s’abandonnant aux seules forces naturelles en lui, il ne peut éviter la concupiscence de la chair. Or, la Rédemption « l’appelle à redécouvrir et réaliser la signification sponsale du corps », à retrouver « la liberté intérieure du don ».
• L’homme peut retrouver à l’intérieur de lui « l’écho de l’origine ». En même temps que le désir, ou la libido, l’homme et la femme sentent en eux le besoin de donner à leurs rapports réciproques la valeur suprême de l’amour.
• La redécouverte de la signification sponsale du corps est en même temps la redécouverte de la signification de la vie. La vocation de l’homme au don est une antithèse radicale de l’herméneutique du « soupçon » qui voit dans l’homme uniquement un sujet de pulsions égoïstes. La signification sponsale est une réalité inscrite en l’homme plus profonde que la concupiscence.
La théologie du corps au jour le jour, n° 45
(22 octobre 1980)
• Dans les paroles du Christ (Mt 5, 27-28), le cœur est moins accusé qu’appelé à un jugement autocritique.
• Le corps, à travers la masculinité et la féminité, est appelé à être l’expression de l’esprit, cela également dans l’union sexuelle de l’homme et de la femme.
• Tandis que le manichéisme condamne le corps et la sexualité, « pour le christianisme, ceux-ci restent toujours une valeur trop peu appréciée ».
• La concupiscence est toujours l’oubli de la valeur du corps, de sa signification sponsale.
• La condamnation de la concupiscence n’est en aucun cas une condamnation du corps. Les paroles du Christ invitent plutôt à redécouvrir la valeur du corps et de la sexualité.
Image : © Solenn Hart






