Entrez votre adresse courriel pour suivre ce blogue et recevoir un message lors d'une nouvelle publication.

Joignez-vous à 138 autres abonnés

SYNODE SUR LA FAMILLE: Un mari musulman et une femme catholique

« Un mari musulman et une femme catholique, comment l’amour construit la famille »

(Témoignage de Mme Jeanette Touré)

famille de Jeanette Touré

Eminences, Excellences,
Révérends Pères, Révérendes Sœurs,
Chers amis Auditeurs de la 3ème Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Evêques,

C’est une évidence pour nous chrétiens de dire que c’est Dieu qui a conçu l’idée de la famille et qu’en le faisant, il nous a donné plusieurs principes dans sa parole concernant sa structure, ainsi que le rôle que doit jouer chaque membre. Il me paraît donc raisonnable de penser qu’Il est le mieux placé pour nous montrer comment doivent fonctionner toutes les familles afin d’éviter les précipices qui les détruisent. Cependant, une question mérite de retenir notre attention.

Qu’est-ce que la famille, mieux, doit-on encore parler de la famille au singulier ?

La question mérite d’être posée quand on sait que de nos jours, la famille moderne est bousculée par l’augmentation des divorces, la chute des mariages, le nombre croissant des enfants nés hors mariage. Que dire, quand on voit tout autour de nous, l’extrême diversité des modèles familiaux: familles monoparentales, familles recomposées, familles à fidélités’ successives, familles éclatées, communautés’ de familles, familles homosexuelles… Est-ce bien cela la famille selon le cœur de Dieu ?

A la vérité, la famille telle que voulue et aimée de Dieu est la seule qui se doit : « homme et femme il les créa afin qu’ils fécondent la terre et soient heureux» Gn 1, 27. Et à ce titre, elle se doit d’être image et ressemblance de Dieu partout où elle se trouve. Elle doit être, pour son entourage, porteuse de la Bonne Nouvelle du Salut par son témoignage de’ vie. Pour nous, en tant que couple mixte, ce thème : « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation » est d’autant plus important qu’il s’applique à notre réalité : comment un homme, un musulman et une femme, une chrétienne catholique qui se sont aimés il y a de cela un peu plus de 52 ans, et qui continuent de s’aimer encore aujourd’hui, peuvent-ils être témoins de l’évangile pour leurs enfants, pour leur entourage, pour leurs amis, pour leurs différentes communautés religieuses ?

Notre contribution à ce thème voudrait être notre témoignage de vie : 52 années de vie commune dans la tolérance, le respect mutuel de nos croyances, dans le soutien l’un de l’autre, dans l’éducation chrétienne de nos enfants (qui sont tous baptisés à l’Eglise catholique et ce avec l’accord de mon époux), tout cela en accueillant les joies reçues du Seigneur et en gardant beaucoup d’espérance au cœur des difficultés. De cette union sont nés 5 enfants et 6 petits enfants à qui nous avons inculqué nos valeurs de respect de l’autre dans la différence et à qui nous avons donné la foi.

Merci à mon époux qui a accepté que nos enfants soient tous catholiques. Eux aussi à leur tour essayent d’être porteurs de la Bonne Nouvelle autour d’eux. La famille, particulièrement la famille africaine a le devoir de témoigner de sa foi dans son milieu de vie et dans son entourage. C’est aussi un défi quand on connaît le poids de nos traditions. Nos choix et nos décisions doivent aider notre entourage à mieux connaître, accepter et aimer Dieu.

En face des modèles pas toujours reluisants, il nous faut affirmer qu’il y a un optimal à rechercher pour le bonheur de tous et de chacun et que la famille étant le lieu d’une attente considérable, il en résulte, que notre monde a besoin de modèles sur le plan de la famille comme dans bien d’autres domaines. Devant donc toutes ces menaces qui pèsent lourdement sur la famille, il me paraît urgent, que les familles reviennent à leur mission à savoir que :

- La famille est le lieu où l’on peut être soi-même et, enlever son masque sans être jugé ; le lieu où l’on apprend à avoir confiance en soi grâce au regard admiratif et en même temps lucide que les parents portent sur leur progéniture. Elle est le lieu où l’on vit l’amour au quotidien, où l’on échappe à la solitude, où l’on apprend à partager, à s’épanouir pleinement.

- La famille est le lieu où la vie sociale s’apprend en douceur et où l’on fait l’apprentissage de la différence ; le lieu où l’on transmet les valeurs. C’est que la famille doit favoriser la communication entre ses membres, pour devenir le lieu où l’amour doit se dire et la tendresse paternelle, notamment, doit s’exprimer.

Vous le savez certainement, la construction d’une famille nécessite un engagement généreux des époux dans cette formidable aventure, un défi lancé au temps par la décision de vivre la fidélité, un pari fait sur l’amour sans regarder en arrière et en prenant les moyens de rester fidèle, en cessant de songer à son unique épanouissement et à son unique confort.

De même, vous remarquerez que les familles dont les contours sont imprécis, où chacun fait ce qu’il veut et pense d’abord à lui, ne vont pas très loin, tout comme les familles totalitaires, c’est-à-dire, ces familles qui prétendent se suffire à elles-mêmes.

A la vérité, il s’agit pour les familles aujourd’hui, de s’engager au service de la cité, d’entrer dans des associations, d’entrer en relation avec Dieu. Et c’est là tout le défi que nous avons à relever tous ensemble.

Je vous remercie.

 

Source : © Zenit.org

Colloque inaugural de l’Institut de Théologie du Corps

Colloque ITC, novembre 2014
Cliquez sur l’image pour plus d’informations.

Faîtes-vous ce cadeau…

Nouvelle traduction de La théologie du corps, par Yves Semen

Il y a quelques mois paraissait enfin la nouvelle traduction française des catéchèses de Jean-Paul II consacrées à la théologie du corps.

Jean-Paul II - La théologie du corps

Enfin ! le mot est pesé. Il faut remercier les Éditions du Cerf d’avoir publié il y a dix ans l’ensemble des catéchèses de la théologie du corps en un seul volume. Une telle publication a grandement aidé à la diffusion de la théologie du corps[1], qui sans cela serait restée inconnue d’une grande partie du public. Ne serait-ce que parce qu’elle a permis à moi comme à d’autres de se plonger directement dans le texte de Jean-Paul II pour le partager ensuite aux autres.

 

Les nombreux défauts de cette première traduction sont difficiles à résumer ici. Notons seulement qu’exécutée par les différents traducteurs de l’Osservatore Romano[2] qui se sont succédés durant les années où Jean-Paul II donnait la théologie du corps, cette traduction manque énormément de cohérence interne. Le même mot – et qui plus est le concept clé de la théologie du corps – sponsal, est traduit de quatre manières différentes : conjugal, nuptial, matrimonial, sponsal ! Cela passait facilement inaperçu pour le lecteur qui pouvait même se demander quels différents sens ces mots impliquaient.

 

Après avoir lu toutes les audiences en français, je m’étais rabattu sur la traduction anglaise de Michael Waldstein. C’est d’ailleurs à partir du travail de Michael Waldstein, des originaux polonais et italiens, qu’Yves Semen a travaillé pour sa nouvelle traduction. Cette traduction offre pour la première fois en français les « audiences cachées » de la théologie du corps. Ces catéchèses que Jean-Paul II n’a pas données sur la place Saint-Pierre[3] mais qui ont été retrouvées ensuite, sont parmi les plus belles de la théologie du corps, la plupart portant sur le Cantique des cantiques.

 

La principale originalité de la traduction d’Yves Semen est de présenter la théologie du corps telle que Jean-Paul II l’avait d’abord conçue, comme un ouvrage cohérent, divisé en chapitres clairs et devant se lire à la suite. Cette nouvelle traduction, fidèle en cela à Jean-Paul II propose de lire la théologie du corps comme un livre. D’ailleurs, je n’ai pas l’habitude de recommander à personne de lire le texte de Jean-Paul II (!), mais de se procurer La sexualité selon Jean-Paul II d’Yves Semen qui en livre un excellent résumé. Je ne recommande le texte de Jean-Paul II qu’à ceux qui désirent l’étudier en profondeur ou le partager. Cette nouvelle traduction me fait penser différemment et j’encouragerais fortement aux gens, après avoir lu le livre d’Yves Semen (La sexualité selon Jean-Paul II) de passer à sa traduction des catéchèses. Pour les non-initiés, il peut même être utile ou plus encourageant de sauter l’introduction pour entrer directement dans le texte, et revenir ensuite à l’introduction pour découvrir toute la profondeur de l’enseignement du pape.

 

Ne serait-ce que pour le généreux appareil critique (introduction, index, notes, annexes), la traduction d’Yves Semen va faire marque et s’imposer pour de nombreuses années. Mais elle a aussi la qualité, à laquelle un vulgarisateur comme Yves Semen ne pouvait être que sensible, de rendre le texte de Jean-Paul II accessible. Je souhaite que celle-ci s’impose non seulement auprès des spécialistes mais aussi auprès du grand public. Faites-vous ce cadeau, achetez La sexualité selon Jean-Paul II et la nouvelle traduction, tous deux d’Yves Semen, et laissez la théologie du corps irradier complètement votre vie !

 

5

+

La traduction d’Yves Semen, présentée par Cerf a deux grandes qualités : rendre plus accessible un texte inestimable et cependant difficile, et offrir aux spécialistes des outils pour parcourir et approfondir le texte. Elle livre enfin au public français le vrai texte, et le texte complet de Jean-Paul II. Belle couverture, en continuité avec l’ancienne traduction.

 

À côté de la mise en page incroyablement claire de la traduction anglaise (Michael Waldstein) la mise en page du Cerf, au premier coup d’œil, a quelque chose de massif et nuit à rendre le texte aussi accessible que possible. Il aurait fallu surtout mieux distinguer les sections, réduire la police des index (l’index thématique du moins) pour donner plus de légèreté à l’ensemble et permettre de parcourir l’ouvrage plus intuitivement. L’idée des références en marge est toutefois géniale (bien qu’elles auraient pu être réduites uniquement aux numéros des audiences). Une réédition devrait tenir compte de cela afin de rendre pleinement ses qualités à un excellent travail de traduction.

 

 

[1] Il existait déjà une édition chez le Cerf en quatre volumes devenus la plupart introuvables. Elle fut également rendue disponible en ligne sur le site du Vatican. Bref, ces efforts appréciés pouvaient passer inaperçus et restaient peu pratiques pour la lecture comme pour une étude approfondie.

[2] Les traductions de l’Osservatore Romano sont habituellement excellentes et ont un statut quasi-officiel. Toutefois, dans le cas de la théologie du corps, les traducteurs faisaient face à un défi peu ordinaire, traduire sur près de cinq ans un enseignement riche et complexe et sans aucun plan préalable !

[3] Surtout par souci pour les enfants et les adolescents présents lors des audiences publiques du mercredi.

Entre nous : Pourquoi je commence à m’inquiéter de mon mariage

WEB_MyriamAlex-95

Je serai franc, pour tous ceux qui nous connaissent Myriam et moi. Voilà un an que nous sommes mariés, et justement, notre mariage commence à nous inquiéter.

 

Il y a un ou deux mois encore, nous sentions cela venir. Voilà, tout le monde ne nous disait-il pas : « après un an, vous verrez… ». Pourtant, notre amour semblait aller à merveille, et précisément, cela commençait à nous inquiéter. Il y a dix jours, nous fêtions notre premier anniversaire de mariage, dans une auberge de Baie-St-Paul. Le lendemain, premier jour de la deuxième année, je me suis réveillé et « boom », ça m’a frappé : « Je trouve Myriam toujours belle ! » Là j’ai compris que ça allait mal. Myriam et moi avons eu une autre journée splendide, nous nous sommes étreints devant des paysages à couper le souffle, nous avons rit en prenant une marche près de la plage, et chanté ensemble dans la voiture… peut-être avions-nous mal réglé nos montres…

 

Mais peu à peu ça s’est imposé à nous… nous nous aimions toujours ! Nous commencions sérieusement à nous inquiéter, peut-être n’étions-nous pas normaux. Aussi, notre vie sexuelle devrait être depuis un moment éteinte… eh bien croyez-moi ou pas… il n’en n’est rien.

 

Devions-nous laisser les choses aller, attendre que ça vienne, ou devions-nous volontairement chercher à blesser l’autre, afin que notre mariage ressemble à celui dont tout le monde parle.

 

À dire vrai, je trouve cette étrangeté de notre mariage plutôt plaisante !

 

J’espère par ces propos ne blesser aucun couple, aucune personne, qui n’a pas eu la même chance dans la vie. Mais nous entendons partout un discours si pessimiste quant au mariage. Est-il possible d’aimer quelqu’un toute sa vie ?… Je ne dis pas rester avec la même personne, mais aimer, vraiment, et être heureux avec la même personne jusqu’à la fin (et doit-il y avoir une fin) de ses jours. Je crois que c’est non seulement possible, mais je crois que pour ce qui est de l’amour, c’est la seule voie du bonheur.

 

Je n’ai encore qu’un an de mariage et peut-être ne devrais-je pas enseigner à des gens qui ont des années d’expérience (et de blessures) de plus que moi. Simplement, une chose que j’ai vite compris, c’est que ça prend beaucoup d’humilité dans un mariage et reconnaître que je n’ai pas ce qu’il faut pour aimer Myriam. Et même, je ne suis pas celui que cherche Myriam (!). Reconnaître que nous avons des limites, et même énormément de limites, est la première chose dont nous avons besoin pour savoir aimer quand cela nous dépasse et pour savoir aimer à long terme.

 

Avouons-le, ce que nous cherchons d’abord dans l’amour, lorsque nous tombons amoureux, ce n’est pas aimer, mais être aimé. Et c’est ce que l’autre espère aussi, être aimé… Deux personnes qui attendent l’une de l’autre, qui espèrent désespérément l’une de l’autre, être chéries, honorées, respectées, être aimées totalement et pour toujours. Deux personnes qui n’ont rien à donner.

 

Et donc, aimer commence quand je comprends que ce que l’autre a besoin, que ce que l’autre mérite, que l’autre espère, est d’être aimé inconditionnellement et définitivement, et que je choisis de lui donner cela. Beaucoup de gens refusent de se marier parce qu’ils veulent être libres de partir si les choses vont mal… Je comprends leurs craintes et en même temps, il faut le dire, cela n’est pas l’amour. Mais nous sommes tous comme ça, plutôt que de vouloir radicalement aimer et risquer être blessé dans cet amour, nous voulons recevoir, recevoir l’amour.

 

Ainsi, aimer commence lorsque j’accepte que l’autre a besoin de moi. Mais doit arriver tôt où tard le moment où je comprends que je suis incapable de donner cet amour que l’autre mérite. Pourquoi ?… Parce qu’au fond, je veux être aimé, parce qu’à quelque part, en moi, je doute d’être aimé, parce qu’à un moment dans ma vie on ne m’a pas donné cet amour que je méritais. Ainsi, je ne suis pas capable de donner, parce que je veux encore. Je veux qu’on me donne, et j’ai peur qu’on ne me donne pas. Et là on arrive à une impasse. Une impasse insurmontable… Pour nous.

 

Comment se sortir de cette impasse ? Cela est impossible pour nous. Et il faut le réaliser, il faut l’accepter, il faut laisser descendre cette vérité au plus profond de nous : nous ne savons pas aimer. Et quand deux personnes se regardent et comprennent qu’ils n’ont rien à se donner, qu’ils n’ont rien à attendre l’une de l’autre… alors commence l’amour ! Alors je peux aimer vraiment, sans demander en retour, puisque je sais que l’autre n’a rien à m’offrir. Alors jaillit la source de l’amour. J’aime, non pas pour moi, mais pour l’autre, sans rien pouvoir attendre de l’autre. Je l’aime, faible comme il est, pareil à moi. Il faut en quelque sorte mourir pour que l’amour, que nous n’avons pas connu jusque là, soudain jaillisse.

 

Ce désespoir, cette souffrance de ne pas être aimé, cette mort… un homme l’a connu. Nous n’avions rien à lui donner, rien. Mais il nous a aimé, au point d’accepter de souffrir et de mourir pour nous. Un homme seul n’aurait pas pu faire ça. Aucun être humain ne le peut. Celui qui meurt sur la croix n’est pas un homme ordinaire mais, en plus d’être un homme, il est la source même de l’Amour. Il est cette source dont je parlais qui jaillit quand j’accepte d’aimer sans retour.

 

Quand je comprends que je n’ai pas l’amour dont Myriam a besoin, elle non plus pour moi, mais que Dieu seul peut me donner cet amour que je veux lui donner ; quand je comprends que je ne suis pas celui dont Myriam ultimement a besoin, mais que le plus grand cadeau que je peux lui faire, en me donnant en elle, est de lui donner Dieu… alors je permets à Dieu de venir en moi et d’aimer, celle qu’au fond, du plus profond de mon cœur blessé j’aime.

 

 

Je t’aime Myriam

et je veux t’offrir encore plein d’années de bonheur,

une vie entière de bonheur,

et l’éternité

auprès de celui qui t’aime infiniment mieux que moi !

Échos du Congrès International de Philadelphie

En juillet dernier, j’ai eu le très grand plaisir de participer au Congrès International de Théologie du corps (International Theology of the Body Congress) qui s’est tenu à Philadelphie du 9 au 11 juillet sur le thème Amour, Miséricorde et la Nouvelle Évangélisation. J’y animais une table ronde, avec une courte communication, sur le thème de la théologie du corps dans le monde. Chaque continent et 12 pays étaient représentés durant ces trois jours.

Tables

Ce congrès faisait suite à quatre symposiums européens sur la théologie du corps qui se sont tenus à Gaming (Autriche) en 2007, Maynooth (Irlande) en 2009, London (Angleterre) en 2011 et Fatima (Portugal) en 2013, tous sous l’impulsion de Peter Colosi (Ph.D.) qui le premier lança l’idée d’un congrès international en Amérique. Ces grandes rencontres permettent aux meilleurs chercheurs et à différents intervenants de se réunir afin d’approfondir leur compréhension de la théologie du corps et unir leurs efforts pour diffuser celle-ci dans leurs milieux.

 

Pendant trois jours, une multitude de thèmes ont été abordés : l’art, la famille, l’éducation, l’adolescence, le divorce, les thérapies de couple, le nouveau féminisme, la pornographie, l’homosexualité… Un sentiment ressortait unanimement chez les participants comme les conférenciers, que la théologie du corps constitue une clé essentielle, sinon la clé de la nouvelle évangélisation. La théologie du corps a en fait un pouvoir énorme d’évangélisation. Comme me disait Peter Colosi, lors de la table ronde que j’animais, la théologie du corps fait spontanément des évangélisateurs, parce que les gens ont confiance dans le message qu’ils portent, ils savent que ce message a le pouvoir de changer leur vie. L’expérience est la même pour tous, ils ont été frappés par la beauté de cet enseignement (en particulier les méditations de Jean-Paul II sur l’origine) et ils veulent communiquer à leur tout cette beauté.

 

Plusieurs conférenciers ont réfléchi durant le congrès sur ce que la théologie du corps comporte de véritablement nouveau. Trois aspects en ressortaient :

– D’abord, la théologie du corps en s’inscrivant dans la tradition représente en même temps un développement authentique de la doctrine du mariage, par rapport à saint Augustin et saint Thomas d’Aquin et à l’enseignement officiel de l’Église jusque là[1].

– De plus, celle-ci aborde des questions morales avec un nouveau langage. C’était là une nécessité qu’avait vue le concile Vatican II et que Paul VI n’avait peut-être pas réalisée dans son encyclique Humanae vitae.

– Enfin, la théologie du corps présente d’une manière entièrement nouvelle une synthèse entre l’enseignement moral et les vérités de la foi : tout ça à travers le mystère de la masculinité et de la féminité, de notre création comme hommes et femmes. Pour beaucoup de fidèles, leur réaction lorsqu’ils découvrent la théologie du corps est : « Enfin, je vois le lien ! »

Christopher West

Malgré cela, la théologie du corps reste encore trop peu connue à l’intérieur même de l’église. C’est presque sans surprise qu’on a appris que 70% des évêques ne connaissaient pas la théologie du corps. Or, plusieurs prêtres ont témoigné avoir découvert le sens profond de leur vocation grâce à la théologie du corps. De plus, nous parlons souvent de la crise des « vocations » dans l’Église. Or, on constate que c’est là où la théologie du corps est le mieux intégrée (là où la vocation est présentée dans un sens large, en incluant le mariage), qu’il y a le plus de nouvelles vocations au célibat consacré et à la prêtrise. La théologie du corps a aussi permis le développement ou la croissance de nombreux ministères auprès des divorcés, des personnes avec un attrait homosexuel, des mères ayant subi un avortement, des couples en difficulté…

 

Le jeudi soir, cinq prix (Theology of the Body Awards) ont été remis à des gens qui de manière exceptionnelle ont travaillé à la diffusion de la théologie du corps.

– Le père Alan Boisclair de l’archidiocèse de Vancouver donne depuis 2007, et à temps plein depuis 2010, des formations sur la théologie du corps pour les prêtres, les éducateurs, les jeunes, et travaille également à implanter la théologie du corps dans la préparation au mariage. Le père Boisclair a un ministère tout à fait unique puisqu’il est le seul prêtre en Amérique du Nord et en Europe à enseigner à temps plein la théologie du corps.

Brian Butler travaille auprès des adolescents et des jeunes adultes. Il est co-fondateur de DumbOx ministries, anime les camps Echo et a travaillé sur plusieurs programmes de formation pour adolescents (Theology of the Body for Teens ; Theology of the Body for Teens : Middle School Edition ; Chosen.)

Peter Colosi et son équipe ont organisé quatre symposiums européens sur la théologie du corps. Comme chercheur professeur, il a également aidé à faire connaître la pensée de Jean-Paul II dans les milieux philosophiques et théologiques grâce à de nombreuses communications et articles scientifiques.

– Depuis 1991, les Sœurs de la Vie (Sisters of Life) incarnent quotidiennement « l’évangile de la vie » grâce à leur centre pour femmes enceintes en besoin, des retraites de guérison après un avortement ainsi qu’une multitude d’activités pour les jeunes et les familles : un ministère entièrement infusé de la théologie du corps.

Ronald D. Feher et Katharine M. Fehrer sont mariés depuis 45 ans, parents de 10 enfants, et depuis 40 ans travaillent ardemment à faire connaître la pleine vision de l’Église sur le mariage, à travers catéchèses, conférences, retraites et livres. Dans les vingt dernières années, ils ont intégré la théologie du corps dans leurs conférences, leurs retraites et leurs ateliers et témoignent comment la théologie du corps, même après toutes ces années, a transformé leur propre vie de couple de famille.

 

Jason et moi, 300 Brian et moi, 300 Courtney et moi, 300

(Avec des amis, Jason Clark, Brian Butler et Courtney Brown… remarquez le même sourire gêné sur les trois photos!)

 

 

[1] Pour la conférence en anglais de Peter Colosi sur le développement de la doctrine sur le mariage dans la théologie du corps : http://peterjcolosi.com/

Une pièce de Jean-Paul II sur l’amour, à Québec

La pièce de théâtre La Boutique de l’Orfèvre de Karol Wojtyla sera jouée vendredi, le 12 septembre à 19h30 (dans le cadre du colloque « Jean-Paul II à Québec : Pour une guérison de la mémoire »), à la Salle des promotions du Grand Séminaire de Québec.

 
Cette pièce met en scène trois couples, qui vivent le bonheur, l’échec ou l’angoisse, et qui à un moment ou un autre cherchent à mettre leur amour sous le regard de Dieu.

 

(J’ai le plaisir d’y jouer un des personnages principaux, Christophe.)

 

Plus d’infos : http://www.cccb.ca/site/images/stories/pdf/Colloque_30eJP2_OJP.pdf

alliances51

Parler de sexualité aux enfants… pourquoi enterrer la cigogne!

Lundi je trouvais devant ma porte, enfin, le livre que j’avais commandé. Comme toujours avec Ascension Press (éditeur de Christopher West[1]), le design de la couverture et de l’intérieur est magnifique :
birds-and-bees

Non, Myriam et moi n’attendons pas (encore) d’enfant. Pourquoi alors me presser à lire un livre sur l’éducation des enfants à la sexualité ? Il me reste tout de même quelques années avant que mon premier entre au secondaire.

 

C’est le grand dilemme de beaucoup de parents, de tous les parents en fait un peu soucieux de l’éducation de leur enfant : comment parler de sexualité à mon enfant ou mon adolescent, comment lui transmettre le meilleur, comment lui éviter mes propres erreurs.

 

Certains parents cependant se disent : « ah, heureusement, mon enfant n’a pas encore l’âge de se poser ces questions ». Et c’est là en vérité une grave erreur. Heureusement, ce ne sont pas les mêmes problèmes que rencontrent votre grande aux cheveux teintés et son petit frère qui marche debout depuis à peine un an ! Mais l’éducation des enfants à la sexualité commence en fait dès les premières années. Déjà à cinq ans, votre enfant a acquis des qualités nécessaires aux relations humaines ; bien avant, il sait qu’en frappant sa sœur comme il frappe ses jouets, il n’a pas la même réaction ; depuis qu’il est dans le ventre de maman, il reçoit l’amour dont il aura besoin pour aimer à son tour toute sa vie. Nous savons tous, comme adultes que nos aptitudes comme nos difficultés de couples remontent souvent à très loin, quand on ne se souciait pas encore de l’autre sexe.

 

Le livre de Gregory et Lisa Popcak répond de manière splendide à une des demandes les plus fréquentes que je rencontre. Oubliez les histoires de cigogne ou de chou. Un des premiers principes énoncés dans ce livre est que la vérité sert toujours mieux que la fiction, si mon enfant est assez âgé pour poser une question précise, il est assez âgé pour recevoir une réponse directe, honnête et appropriée pour son âge.

 

Mais bien des parents se sentent mal outillés pour parler en vérité de sexualité. En fait, vous êtes sûrement mieux outillé que n’importe quel professeur ou travailleur social, puisque vous connaissez votre enfant mieux que n’importe qui. Or, ce livre nous aide aussi à réfléchir à nos propres valeurs quant à la sexualité, et à découvrir toute la richesse et la beauté de celle-ci. La sexualité devrait toujours être un sujet heureux à aborder, quand c’est en fait le sujet qui fait soudain sortir sa colère à papa qui d’habitude est si doux. Ce livre apprend à célébrer la sexualité comme un des plus grands dons que Dieu nous a donnés ! Votre couple, votre famille toute entière n’existerait pas sans elle !

 

Le titre est ambitieux : Au-delà des oiseaux et des abeilles : Élever des enfants saints et sexuellement épanouis. Vous avez bien lu. Pour plusieurs, aujourd’hui encore, ces deux choses paraissent totalement opposées ! Sexualité et sainteté… Dans ce livre, vous découvrirez aussi le plus bel enseignement que nous a légué saint Jean-Paul II, sa théologie du corps. Oubliez, pour ceux qui se méfieraient encore, les morales suspicieuses ; Jean-Paul II a définitivement brisé les derniers carcans de l’Église, ceux qui entravaient son message authentique, et nous a montré que la sexualité était belle, excitante et sainte.

 

Le livre se divise en deux parties. La première, plus courte, permet aux parents de réfléchir sur leur propre compréhension de la sexualité et du genre d’éducation qu’ils veulent transmettre aux enfants. La seconde fournit des outils pratiques pour chaque étape de la naissance à l’adolescence (19 ans). Une section bonus s’attarde sur les questions sensibles comme la pornographie, l’homosexualité, les abus sexuels…

 

4 et demi

+

Un livre facile d’accès et écrit avec humour. Fournit plusieurs outils pratiques. Répond à un besoin essentiel, et de manière brillante. La nouvelle édition de ce livre a été améliorée pour répondre avec encore plus de précision aux questions des parents. Une belle couverture ainsi qu’une magnifique mise en page mettant en exergue des phrases clés !

Le livre peut paraître parfois un peu trop directif, ce qui ne devrait pas nous décourager ou nous détourner d’une aussi précieuse ressource. Les parents sauront prendre les conseils et les adapter à leur famille. Aucune traduction française.

 

 

[1] Heaven’s Song ; The Love That Satisfies ; Theology of the Body for Beginners ; Good News About Sex & Marriage ; Theology of the Body Explained

Suivre

Recevez les nouvelles publications par courriel.

Joignez-vous à 138 autres abonnés