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Faîtes-vous ce cadeau…

Nouvelle traduction de La théologie du corps, par Yves Semen

Il y a quelques mois paraissait enfin la nouvelle traduction française des catéchèses de Jean-Paul II consacrées à la théologie du corps.

Jean-Paul II - La théologie du corps

Enfin ! le mot est pesé. Il faut remercier les Éditions du Cerf d’avoir publié il y a dix ans l’ensemble des catéchèses de la théologie du corps en un seul volume. Une telle publication a grandement aidé à la diffusion de la théologie du corps[1], qui sans cela serait restée inconnue d’une grande partie du public. Ne serait-ce que parce qu’elle a permis à moi comme à d’autres de se plonger directement dans le texte de Jean-Paul II pour le partager ensuite aux autres.

 

Les nombreux défauts de cette première traduction sont difficiles à résumer ici. Notons seulement qu’exécutée par les différents traducteurs de l’Osservatore Romano[2] qui se sont succédés durant les années où Jean-Paul II donnait la théologie du corps, cette traduction manque énormément de cohérence interne. Le même mot – et qui plus est le concept clé de la théologie du corps – sponsal, est traduit de quatre manières différentes : conjugal, nuptial, matrimonial, sponsal ! Cela passait facilement inaperçu pour le lecteur qui pouvait même se demander quels différents sens ces mots impliquaient.

 

Après avoir lu toutes les audiences en français, je m’étais rabattu sur la traduction anglaise de Michael Waldstein. C’est d’ailleurs à partir du travail de Michael Waldstein, des originaux polonais et italiens, qu’Yves Semen a travaillé pour sa nouvelle traduction. Cette traduction offre pour la première fois en français les « audiences cachées » de la théologie du corps. Ces catéchèses que Jean-Paul II n’a pas données sur la place Saint-Pierre[3] mais qui ont été retrouvées ensuite, sont parmi les plus belles de la théologie du corps, la plupart portant sur le Cantique des cantiques.

 

La principale originalité de la traduction d’Yves Semen est de présenter la théologie du corps telle que Jean-Paul II l’avait d’abord conçue, comme un ouvrage cohérent, divisé en chapitres clairs et devant se lire à la suite. Cette nouvelle traduction, fidèle en cela à Jean-Paul II propose de lire la théologie du corps comme un livre. D’ailleurs, je n’ai pas l’habitude de recommander à personne de lire le texte de Jean-Paul II (!), mais de se procurer La sexualité selon Jean-Paul II d’Yves Semen qui en livre un excellent résumé. Je ne recommande le texte de Jean-Paul II qu’à ceux qui désirent l’étudier en profondeur ou le partager. Cette nouvelle traduction me fait penser différemment et j’encouragerais fortement aux gens, après avoir lu le livre d’Yves Semen (La sexualité selon Jean-Paul II) de passer à sa traduction des catéchèses. Pour les non-initiés, il peut même être utile ou plus encourageant de sauter l’introduction pour entrer directement dans le texte, et revenir ensuite à l’introduction pour découvrir toute la profondeur de l’enseignement du pape.

 

Ne serait-ce que pour le généreux appareil critique (introduction, index, notes, annexes), la traduction d’Yves Semen va faire marque et s’imposer pour de nombreuses années. Mais elle a aussi la qualité, à laquelle un vulgarisateur comme Yves Semen ne pouvait être que sensible, de rendre le texte de Jean-Paul II accessible. Je souhaite que celle-ci s’impose non seulement auprès des spécialistes mais aussi auprès du grand public. Faites-vous ce cadeau, achetez La sexualité selon Jean-Paul II et la nouvelle traduction, tous deux d’Yves Semen, et laissez la théologie du corps irradier complètement votre vie !

 

5

+

La traduction d’Yves Semen, présentée par Cerf a deux grandes qualités : rendre plus accessible un texte inestimable et cependant difficile, et offrir aux spécialistes des outils pour parcourir et approfondir le texte. Elle livre enfin au public français le vrai texte, et le texte complet de Jean-Paul II. Belle couverture, en continuité avec l’ancienne traduction.

 

À côté de la mise en page incroyablement claire de la traduction anglaise (Michael Waldstein) la mise en page du Cerf, au premier coup d’œil, a quelque chose de massif et nuit à rendre le texte aussi accessible que possible. Il aurait fallu surtout mieux distinguer les sections, réduire la police des index (l’index thématique du moins) pour donner plus de légèreté à l’ensemble et permettre de parcourir l’ouvrage plus intuitivement. L’idée des références en marge est toutefois géniale (bien qu’elles auraient pu être réduites uniquement aux numéros des audiences). Une réédition devrait tenir compte de cela afin de rendre pleinement ses qualités à un excellent travail de traduction.

 

 

[1] Il existait déjà une édition chez le Cerf en quatre volumes devenus la plupart introuvables. Elle fut également rendue disponible en ligne sur le site du Vatican. Bref, ces efforts appréciés pouvaient passer inaperçus et restaient peu pratiques pour la lecture comme pour une étude approfondie.

[2] Les traductions de l’Osservatore Romano sont habituellement excellentes et ont un statut quasi-officiel. Toutefois, dans le cas de la théologie du corps, les traducteurs faisaient face à un défi peu ordinaire, traduire sur près de cinq ans un enseignement riche et complexe et sans aucun plan préalable !

[3] Surtout par souci pour les enfants et les adolescents présents lors des audiences publiques du mercredi.


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