Théologie du corps .com

Accueil » Articles marqués « communion des personnes »

Archives de mot-clé : communion des personnes

La théologie du corps au jour le jour, n° 37

(27 août 1980)

• Le langage des prophètes nous permet de mieux comprendre ce que signifie le commandement « tu ne commettras pas l’adultère ».

• La trahison du peuple envers Dieu est comparable, selon à Osée, à la prostitution. Sans aucun mérite de sa part, Israël devient l’épouse choisie de Dieu, l’époux « le plus affectueux, le plus prévenant et le plus généreux ». Malgré que le peuple se « prostitue » en allant vers d’autres dieux, « le Seigneur ne cesse de chercher son épouse, il ne se lasse pas d’attendre sa conversion et son retour ».

• L’idolâtrie, aux yeux de Dieu, est équivalente à un adultère. Tous deux sont la rupture d’une alliance conclue dans l’amour.

• Contrairement à la législation juive qui considérait l’adultère comme une atteinte au droit de propriété de l’homme, l’adultère selon le langage des prophètes est un péché parce qu’il « constitue la rupture de l’alliance personnelle entre l’homme et la femme ».

• Alors que la loi permettait la polygamie, la monogamie dans le langage des prophètes est la seule analogie qui convienne au monothéisme, exprimant « la fidélité et la confiance dans l’unique et vrai Dieu ».

• L’adultère est l’antithèse de l’amour sponsal* que seul réalise le mariage monogame. L’union des corps est le droit privilégié des époux et le signe de la communion interpersonnelle de l’homme et de la femme. L’adultère est, plus que la violation du droit des époux,  la « falsification radicale de ce signe ».

• L’adultère, légalement, est un péché du corps, il est l’acte par lequel deux personnes qui ne sont pas mari et femme s’unissent physiquement. Plus profondément, l’adultère est ce qui s’oppose à la fidélité conjugale.

• La limitation de l’union des corps à la sphère conjugale est une exigence de l’amour sponsal. Seulement dans cette communion des personnes qu’est l’amour conjugal, l’union des corps peut être exprimée et réalisée en vérité.

 

*Amour sponsal : amour-don, l’amour dans lequel la personne se donne toute entière à une autre personne.

Norbert Jung - Alliance

Image : © Norbert Jung

La théologie du corps au jour le jour, n° 33

(30 juillet 1980)

• En considérant la femme uniquement comme un objet dont il prend possession, et non pas comme un don, l’homme se condamne à devenir à son tour un objet pour la femme. La femme ressent plus profondément que l’homme ce manque d’unité, elle en est aussi plus souvent victime.

• Dès l’origine, l’homme aurait dû être le gardien de la communion qu’il vit avec la femme. Si la communion a été confiée aux deux, l’homme a toutefois une responsabilité particulière dans l’accueil de la femme comme don et il dépend beaucoup plus de lui que soit maintenue la réciprocité du don. (Le contraire consiste à extirper le don de la femme.)

L’homme et la femme sont appelés dans le mariage à s’appartenir l’un à l’autre. Les mots éternels d’amour « mon…, ma… » indiquent un rapport de don mutuel. La concupiscence fait que cette appartenance réciproque est dépouillée de la dimension du don et devient un rapport de possession de l’autre. L’autre devient un objet de jouissance pour moi. Or, le don dans son essence exclut la jouissance égoïste.

La théologie du corps au jour le jour, n° 32

 Une audience clé pour comprendre les dégâts causés par le péché et la nécessité de la grâce dans l’amour humain.

Audiences clés(23 juillet 1980)

• « Le corps est l’expression de l’esprit », « il a la capacité d’exprimer l’amour » et le don de la personne. Pour cela, « il est appelé à exister dans une communion de personnes ».

• La concupiscence* fait que la personne est réduite à son corps et devient un objet pour soi. La féminité et la masculinité ne sont plus vues comme l’expression de la personne, mais deviennent seulement objet d’attraction.

• La sexualité est ressentie comme une force autonome qui limite l’expression de l’esprit et du don des personnes.

• Le corps, à cause du péché, a presque perdu la capacité d’exprimer l’amour sponsal (amour-don). L’homme et la femme ne cessent par pour autant de chercher dans la sexualité l’expression de leur amour. Le cœur de l’homme « est devenu le lieu de combat entre l’amour et la concupiscence ». La concupiscence se fait passer pour de l’amour, alors qu’elle empêche l’homme d’expérimenter le don.

• « La concupiscence dépersonnalise l’homme, le transforme en objet » pour soi. Elle prive l’autre de la liberté du don.

Les rapports personnels de l’homme et de la femme se trouvent réduits au seul lien du corps et du sexe, ceux-ci deviennent quasi incapables d’accueillir le don réciproque.

• La concupiscence entraîne également la perte de la liberté intérieure, qui seule permet le don. Le don de soi nécessite la maîtrise de soi.

• D’elle-même, la concupiscence est incapable de permettre l’union des personnes. La concupiscence ne tend pas à unir, mais à s’approprier, à transformer le don réciproque en un rapport de possession mutuelle.

* La concupiscence signifie principalement un désir désordonné, orienté vers soi, vers sa propre satisfaction.

Adam et Ève, Cathédrale Notre-Dame de Paris

La théologie du corps au jour le jour, n° 20

(5 mars 1980)

• À travers le cœur même de l’unité formée par l’homme et la femme à l’origine, le péché et la mort sont entrés dans le monde. Le Christ nous invite cependant à redécouvrir l’innocence originelle qui précède le péché et à voir le lien qui relie celle-ci à notre propre situation historique.

• Dans la relation conjugale, l’homme et la femme, font une seule chair (Gn 2, 24) ; tout en étant deux sujets différents, ils deviennent l’unique objet d’un même acte d’amour.

• Dans cette union, l’homme et la femme, au moyen de leur corps et de leur sexe, se connaissent mutuellement (Gn 4, 1), se révèlent l’un à l’autre de manière unique et intime comme personnes. La femme est donnée cognitivement à l’homme, et réciproquement.

• Cette co-existence de l’homme et de la femme n’est pas uniquement une co-existence sexuelle, mais une profonde communion de deux sujets. Ainsi, l’union des corps est un acte éminemment personnel, dans lequel « chacun d’eux est donné à l’autre comme sujet unique ».

La théologie du corps au jour le jour, n° 17

clé(6 février 1980)

Une audience difficile mais des plus riches pour la théologie du corps :

• L’innocence de l’homme et de la femme à l’origine, dans l’expérience de la nudité (Gn 2, 25), consiste en une acceptation et un accueil réciproques tels qu’ils soutiennent le don et approfondissent la dignité de la personne. (Le contraire de l’accueil prive l’autre du don de soi-même et le réduit au rang d’objet.) Dans cette innocence, l’homme et la femme participent à l’acte de volonté de Dieu qui a voulu l’être humain pour lui-même.

• « Donner et accepter le don se compénètrent de sorte que le fait de donner lui-même devient acceptation et celui d’accepter revient à donner. »

• L’accueil de la femme par l’homme est un premier don qui permet à la femme de se découvrir elle-même. Quand la femme, se donnant elle-même dans toute la vérité de son humanité et de sa féminité, est accueillie par l’homme, pour elle-même, dans toute la dignité de son don et de sa personne,  celle-ci atteint la profondeur intime de sa personne et parvient à la pleine possession d’elle-même. Cette possession devient source d’un nouveau don de soi qui croît dans la mesure où il rencontre un accueil identique et même plus profond.

• À l’homme est confié particulièrement l’accueil de la femme comme don. Celui-ci doit par contre assurer le processus même de l’échange du don. Cet échange réciproque du don crée la communion des personnes.

• L’homme, recevant la femme en don, l’enrichit du fait même et en même temps se trouve enrichi, grâce à elle qui lui donne sa propre personne et sa propre féminité, mais aussi grâce à la donation de lui-même. Le don de l’homme, à son tour accueilli, devient source d’un nouveau et plus profond enrichissement de la femme avec lui.

Solenn Hart - Solstice, 3

Image :  © Solenn Hart, http://www.terredamour.com