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Archives de catégorie : Audiences clés

La théologie du corps au jour le jour, n° 53

Audiences clés(14 janvier 1981)

« Vous avez été appelés à la liberté. » (Ga 5, 13)

• Ce que contient la nouveauté évangélique « n’est rien d’autre qu’un appel adressé à la liberté humaine, un appel à sa plus pleine réalisation » (§1).

• L’homme est appelé à la liberté, et la liberté trouve son accomplissement dans l’amour, qui contient et dépasse toute la loi. « Un seul précepte contient toute la loi en sa plénitude: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Ga 5, 14)

Ailleurs, Jean-Paul II nous dit : « La liberté est faite pour l’amour. […] L’amour engage la liberté et la comble de ce qui par nature attire la volonté : le bien. […] L’homme désire l’amour plus que la liberté : la liberté est un moyen, l’amour est un but. » « L’amour est la réalisation la plus complète des possibilités de l’homme. » (Amour et responsabilité, p. 124 et 74)

• « Le Christ a réalisé et manifesté la liberté qui trouve sa plénitude dans la charité. » (§ 3) La liberté, mise au service de l’amour, devient source de bien, d’œuvres nouvelles et de vie. Une telle liberté est créatrice. Lorsqu’au lieu d’être une liberté authentique, la liberté devient prétexte à la concupiscence et à l’égoïsme, celle-ci s’assujettit à la concupiscence plutôt que de servir l’homme. L’homme « devient incapable » du don sponsal, puisque la liberté est essentielle au don. (Voir catéchèses du 9 et du 16 janvier 1980)

• La « maîtrise de soi » dont parle saint Paul est liée à la pureté qui doit être comprise comme la juste manière de traiter la sexualité selon l’état de vie. L’homme est appelé, non pas à rejeter, mais à intégrer la sexualité à l’amour, apprendre à user de son corps, selon son état, pour en faire un don.

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La théologie du corps au jour le jour, n° 41

Audiences clés(24 septembre 1980)

• Lorsque le Christ parle de l’homme qui « regarde pour désirer », « il montre ce qu’est ou, plutôt, ce que devient, pour l’homme (dans son intention), la femme qu’il “regarde avec concupiscence”.

• L’homme et la femme existent éternellement l’un pour l’autre, en vue du don réciproque. Or, cette dimension personnelle de l’attirance, du désir, disparaît dans la concupiscence ; la femme, avec l’attirance aussi qui est la sienne, est privée de sa dignité personnelle et réduite uniquement à un objet pour l’homme.

• Même s’il s’agit d’un acte caché, intérieur, il y a un réel changement dans l’intentionnalité ; la femme cesse d’exister pour l’homme comme un sujet d’attirance réciproque et de communion, mais devient pour lui un objet de satisfaction.

• C’est seulement lorsque cet acte est volontaire qu’on peut parler d’un tel changement. Il y a un changement de la femme, dans le regard de l’homme, et de l’homme lui-même.

• L’homme, s’il prête sa volonté a la concupiscence, permet à celle-ci de dominer son cœur. L’homme fait alors l’expérience d’une contrainte du corps qui, plus elle grandit, lui fait perdre la liberté du don.

• Le désir dont il s’agit ici est le désir dominé par la concupiscence. Le désir sexuel de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme – leur mutuelle et éternelle attraction –, est bon et doit servir de base pour la communion de l’homme et de la femme.

À la communion personnelle à laquelle l’homme et la femme sont appelés depuis l’origine s’oppose l’éventuelle circonstance où une des deux personnes devienne seulement l’objet de satisfaction du besoin sexuel, mais aussi le cas où les deux existeraient comme objet de satisfaction sexuelle l’un pour l’autre

• Dans un tel cas, le désir étouffe la communion. L’existence ensemble de l’homme et de la femme est réduite à un rapport utilitariste.

coupleintimite

La théologie du corps au jour le jour, n° 40

Audiences clés (17 septembre 1980)

« Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle. » (Mt 5, 28)

L’éternelle attraction de l’homme et de la femme, qui naît de leur vocation à la communion – cette invitation au don qui se fait à travers le corps – n’est pas le désir dont parle Jésus. Le désir qui vient de la concupiscence amoindrit, au contraire, cette invitation et cette attirance réciproques.

• « La valeur du sexe fait partie de toute la richesse des valeurs avec laquelle l’être féminin apparaît à l’être masculin. » Or, la femme, comme l’homme, ne peut être réduite à cette unique valeur. La concupiscence réduit l’autre à ses seuls attributs sexuels, le réduit au rang d’objet.

Le désir authentique de la femme libère en l’homme un désir de profonde communion personnelle. Un tel désir s’accompagne d’une hiérarchisation des valeurs.

• La concupiscence fait que dans le cœur, se dénature la signification sponsale du corps : la féminité cesse d’être un sujet pour l’homme, cesse d’être l’expression de l’intériorité, le langage de toute la richesse intérieure de la personne. (voir n° 12, 14)

• Le « regarder pour désirer » désigne ce regard par lequel la personne nourrit volontairement son désir ou cherche à susciter chez l’autre un certain désir.

Norbert Jung - Mariage Maëlle et Thibault

Image : © Norbert Jung

La théologie du corps au jour le jour, n° 32

 Une audience clé pour comprendre les dégâts causés par le péché et la nécessité de la grâce dans l’amour humain.

Audiences clés(23 juillet 1980)

• « Le corps est l’expression de l’esprit », « il a la capacité d’exprimer l’amour » et le don de la personne. Pour cela, « il est appelé à exister dans une communion de personnes ».

• La concupiscence* fait que la personne est réduite à son corps et devient un objet pour soi. La féminité et la masculinité ne sont plus vues comme l’expression de la personne, mais deviennent seulement objet d’attraction.

• La sexualité est ressentie comme une force autonome qui limite l’expression de l’esprit et du don des personnes.

• Le corps, à cause du péché, a presque perdu la capacité d’exprimer l’amour sponsal (amour-don). L’homme et la femme ne cessent par pour autant de chercher dans la sexualité l’expression de leur amour. Le cœur de l’homme « est devenu le lieu de combat entre l’amour et la concupiscence ». La concupiscence se fait passer pour de l’amour, alors qu’elle empêche l’homme d’expérimenter le don.

• « La concupiscence dépersonnalise l’homme, le transforme en objet » pour soi. Elle prive l’autre de la liberté du don.

Les rapports personnels de l’homme et de la femme se trouvent réduits au seul lien du corps et du sexe, ceux-ci deviennent quasi incapables d’accueillir le don réciproque.

• La concupiscence entraîne également la perte de la liberté intérieure, qui seule permet le don. Le don de soi nécessite la maîtrise de soi.

• D’elle-même, la concupiscence est incapable de permettre l’union des personnes. La concupiscence ne tend pas à unir, mais à s’approprier, à transformer le don réciproque en un rapport de possession mutuelle.

* La concupiscence signifie principalement un désir désordonné, orienté vers soi, vers sa propre satisfaction.

Adam et Ève, Cathédrale Notre-Dame de Paris

La théologie du corps au jour le jour, n° 31

Audiences clés(25 juin 1980)

• L’homme et la femme, conscients du désir insatiable qui est en eux, en viennent à accuser le corps. Or, il ne faut pas chercher l’explication de la honte dans le corps, mais dans le cœur de l’homme, dans ce qui a été transformé dans l’esprit humain à cause du péché.

• La concupiscence, présente au cœur de l’homme depuis le péché, fait que le corps est privé de sa signification originaire qui est d’exprimer le don. L’homme doute de la pureté et de la bonté fondamentale du corps.

• La honte ressentie par l’homme et la femme tend à protéger la valeur du corps contre la concupiscence. Elle tend également de protéger l’union des corps afin que celle-ci demeure « une authentique union des personnes ».

• Le corps, par sa féminité et sa masculinité, suscite naturellement le désir. Or, la concupiscence oriente ce désir vers une satisfaction personnelle, au détriment de la communion des personnes.

• L’homme chez qui le désir d’union est particulièrement fort ressent également plus fort la honte de son corps (Gn 3, 10). La honte unie à la concupiscence chez l’homme deviendra une tendance à dominer la femme. La femme qui fait l’expérience de cette domination ressent un désir insatiable d’une union différente.

• Cette domination transforme la communion de l’homme et de la femme – qui est à la fois union des corps et communion des âmes – en un rapport de possession mutuelle. La femme peut aussi cherche à utiliser le désir de l’homme, à le susciter pour satisfaire ses propres convoitises (besoin affectif, …).

• La signification du corps change dans le regard de l’homme et de la femme. Le corps ne perd pas pour autant sa signification « éternelle » qui est d’exprimer le don total de la personne, malgré que l’homme ne la perçoive pas. La concupiscence est « une limitation, une violation et une déformation de la signification sponsale du corps ».

Salvador Dalí - Adam et Ève, 1968

La théologie du corps au jour le jour, n° 29

Audiences clés 4 juin 1980

• « La communion des personnes, dès l’origine, a été donnée et assignée comme tâche à l’homme et à la femme. »

• La capacité de l’homme et de la femme de se communiquer pleinement l’un à l’autre, dans la pureté et la simplicité, s’est rompue. Ce sont toutes les relations homme-femme, et non seulement les relations conjugales, qui sont bouleversées.

Le corps, avec son sexe (masculinité, féminité), perd dans la conscience de l’être humain  sa signification première qui est d’exprimer et de réaliser la communion et l’image de Dieu dans le monde (voir n° 9 et 15).

• La féminité et la masculinité sont soudain ressenties comme une opposition.

• La peur de Dieu qui s’est formée dans le cœur de l’homme après le péché s’exprime par la honte du corps (le corps étant appelé dans la communion à former l’image de Dieu).

L’aspect personnel du corps, de la masculinité et de la féminité, cède la place à la seule sexualité. La sexualité devient soudain un obstacle dans les relations personnelles entre homme et femme.

• La honte est un symptôme du fait que l’homme s’est détaché de l’amour de Dieu. Le besoin de se cacher de l’autre vient du fait que la personne elle-même ne s’identifie plus à son propre corps. L’homme et la femme perdent confiance l’un en l’autre. Le respect de l’autre et de soi-même exige dans cette situation de se cacher.

Mitroi Anca-Madalina - Pudeur

© Mitroi Anca-Madalina

La théologie du corps au jour le jour, n° 19

clé(20 février 1980)

 Dans cette audience se trouve le cœur de toute la théologie du corps :

• « L’homme et la femme sont créés pour le mariage. » (Gn 2, 24) « L’homme et la femme sont un don réciproque. » Dans cette communion de l’homme et de la femme s’ouvre la perspective de la procréation qui est profondément inscrite dans la signification sponsale du corps.

• « Seule la nudité qui fait de la femme un “objet” pour l’homme, et vice-versa, est source de honte. »  La pureté du cœur dans l’état d’innocence rendait impossible cette réduction de l’autre au niveau de simple objet. L’homme et la femme ne ressentaient pas de honte parce qu’ils avaient conscience de la signification du corps qui est l’expression du don et de « toute la richesse intérieure de la personne ».

• La signification sponsale du corps reste dans le cœur de l’homme, après le péché, « comme un écho lointain de l’innocence originelle ». L’homme, attentif à cet écho en lui, se découvrira comme le gardien du don et du mystère de la personne.

• « L’être humain apparaît dans le monde visible comme l’expression la plus haute du don divin parce qu’il tient en soi la dimension intérieure du don. » Dans le mariage de l’homme et de la femme, constitué à l’origine grâce au corps, est révélé le mystère de la vie divine, le mystère de la Vérité et de l’Amour.

• « Le corps – et seulement lui – est capable de rendre visible ce qui est invisible: le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible. » C’est ce que Jean-Paul II appelle le « sacrement* du corps ».

• Dans l’homme est révélé le caractère sacramentel* du monde. Par son corps et son sexe (sa féminité, sa masculinité), l’être humain devient image de la vérité et de l’amour qui ont leur source en Dieu.

• L’homme est institué pour la sainteté. La conscience du don est la condition de la sainteté qui permet à l’homme de s’exprimer profondément par son corps grâce au don désintéressé de soi.

* Par sacramentel, Jean-Paul II entend le caractère oblatif du monde. Le monde est un don que Dieu fait à l’être humain. Sacrement, ou sacramentel, signifie également la capacité de rendre visible un mystère invisible.

Mariage